45 ans

J'ai vu deux choses cette semaine :

1° ) Le film "45 ans" avec Charlotte Rampling et Tom Courtenay, parce que le sujet m'intéressait : Katya (Charlotte Rampling), demande un soir à son mari s'il aurait épousé cette femme disparue il y a un demi-siècle et dont on vient de découvrir le corps dans les Alpes, si elle n'était pas morte. La réponse est faite sans l'ombre d'une hésitation : "OUI".

Tout s'écroule alors pour Kate, qui revoit toute sa vie à la lumière de ce "oui". "Elle se croyait l'élue, elle n'était que la doublure" écrit Pierre Murat dans "Télérama". Elle n'était donc qu'une remplaçante, et c'est pour elle comme un anéantissement de penser que sa vie s'est construite sur une illusion.

Cette histoire m'a touchée et troublée parce qu'elle met en lumière le problème des choix de la vie, le fait qu'elles peuvent se construire davantage  sur des portes qui se sont fermées que sur d'autres qu'on aurait aimé choisir, mais qu'on n'a pas pu ou pas su ouvrir. Et les conscéquences que cela implique.
Et aussi parce qu'il montre un aspect de cette partie de la vie qu'on n'aborde pas souvent, ou de manière assez convenue : "Le réalisateur a l'intelligence de faire du troisième âge non pas une génération molle et assoupie mais ardente et tourmentée. La sagesse? Un leurre que le moindre déchirement efface". (Pierre Murat).
Bien dit! Non, le "troisième âge", s'il peut marquer l'entrée dans une forme d'apaisement et d'acceptation sereine des choses peut être aussi passionné, torturé et pas toujours "sage". Ne nous laissons pas enfermer dans les clichés qui parfois, nous emprisonnent, les choses ne sont jamais aussi simples...


2°). Et comme tout ça n'est tout de même pas très gai, voire carrément plombant, je vous propose, plus léger mais moins futile qu'il n'y parait, "Mr Selfridge", qui raconte la naissance du grand magasin londonien éponyme.

En 1909, Harry Gordon Selfridge, un américain du Wisconsin, ouvre à Londres, sur Oxford street, un grand magasin qui va devenir le théâtre des bouleversements de l'époque. Grand séducteur aux méthodes révolutionnaires pour son temps, il bouscule à la fois  les conventions du commerce britannique et l'aristocratie qui découvre dans ses rayons les accessoires "de Paris", les parfums de Guerlain et le début du Prêt-à-porter. Son magasin est également le lieu où se côtoient toutes les couches sociales et c'est l'aspect le plus intéressant de la série. Statut des femmes invraisemblablement dépendantes d'un "beau mariage" ou du bon vouloir d'un patron (idem pour les hommes d'ailleurs), poids des conventions, naissance du mouvement des suffragettes, des syndicats et de la publicité. C'est l'histoire d'un monde en pleine mutation, (mais est ce qu'il ne l'est pas toujours?).


C e n'est peut-être pas la série du siècle, surtout après après "Downton Abbey"qui se situe à la même époque, mais comment rivaliser avec un tel  monument??? Moins sophistiqué, moins glamour, une écriture moins élaborée, mais, comme on dit, ça se laisse regarder. Et après un début que j'ai trouvé un peu mièvre,  je me suis même laissée prendre à la fin de la première saison, plus dramatique et plus dense  que les premiers épisodes ne le laissaient supposer.

Voilà!! Et pour continuer dans la rubrique "femmes d'un certain âge", je vous laisse découvrir un tuto de maquillage dans le billet qui suivra.

A très vite!!!




Le "vrai" Mr. Selfridge et sa femme, Rose.



Posté le  15 février 2016  dans "J'ai vu, j'ai lu"


9 commentaires:

  1. Il n'y a de "3e âge" qu'au rayon des "couches culottes", sinon, il y a l'âge, tout naturellement et comme vous le soulignez. pas forcément sage.

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  2. J'ai vu la bande annonce de "45ans ", j'ai très envie de le voir ! Cela m'interpelle vraiment de ressentir à quel point l'éclairage d'un évènement, la façon dont on le vit et peut-être plus encore l'idée que l'on s'en fait peuvent modifier son "goût" et son importance dans une vie.

    Un autre volet de ma réflexion sera, je crois, alimenté par ce film : il est quasi impossible de savoir ce qui se trame à l'intérieur d'un être humain, de l'inconnu croisé dans la rue jusqu'à celle ou celui dont on partage éventuellement la vie...alors ne pas penser pour l'autre et savoir qu'à tout âge on continue à découvrir. En soi autant qu'en l'autre d'ailleurs...

    Je n'ai pas de télé depuis bientôt 25 ans alors les séries me touchent moins que le cinéma que j'aime beaucoup mais à vous lire je me dis que je pourrais podcaster "Downton Abbey", pour voir...

    Passez une belle journée Marie-Paule, merci encore de partager avec nous vos points de vue, j'apprécie énormément !

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  3. Ma chère et merveilleuse amie,

    J'adore regarder, analyser et discuter le ciné.....et ces deux films je voudrais regarder. Mon mari et moi, on aime Downton, et c'est difficile de remplacer la grandiose image de cet oeuvre. Mais j'ai le sentiment que Mr.Selfridge peut être très intéressant à voir, et aussi l'autre film. Les oeuvres qui nous font réflechir valent la peine to regarder! Et merci pour votre écriture qui me transporte!!!!!

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  4. Ah 45 ans ! ce sera mon age dans 4 mois !
    J'ai un peu trop tendance à réfléchir au passé et à la question " et si javais fait cela plutôt que cela " mais voilà je ne peux pas avoir la réponse !
    Mais depuis que je suis dans le Sud je me pose moins de questions et c'est vrai que je suis comme apaisée !
    Et Downton Abbey est inoubliable ! je suis une fan de séries aussi! j'avais apprécié aussi Grand Hôtel et je me régale devant Miss Fisher !
    Douce soirée à vous
    Amicalement
    Sophie

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  5. On ouvre beaucoup de portes au cours d'une vie, certaines sont agréables et d'autres laissent un goût amer. Quant à celles qu'on n'a pas ouvert, elles laissent des regrets.
    Le troisième age n'est plus comme celui de nos ancêtres, d'ailleurs peu y arrivaient, je l'aborde avec de l'enthousiasme, encore plein de choses à faire et à vivre.
    bonne soirée. Bises. Babette

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  6. Merci pour ce beau partage et à découvrir donc !
    A bientôt

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  7. Ma chère amie! Bonjour et merci de votre visite à mon billet! Je vous remercie aussi de m'encourager car vous êtes un écrivain et une photographe que je respecte! "A Fresh Start" ne commence pas chaque jour, mais minute par minute, moment par moment quand on réflechit. A la poèsies, l'art et la VIE! XOXOXOXO

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  8. J'ai vu "45 ans" dimanche dernier, et ce film ne m'a pas laissée indifférente. La vie est faite de cela : des bons et des mauvais choix, des coups du sort, des rencontres et des renoncements. On n'a pas envie, comme la Kate du film, de trop savoir ce qui s'est passé avant soi dans la vie de l'autre, sa vie amoureuse cela s'entend. Mais elle-même n'a-t-elle pas vécu autre chose avant de le rencontrer ? Son geste brutal à la fin du film prouve toute l'étendue de sa douleur, et c'est cette scène que je retiens surtout.
    Passant par Google images à mon retour à la maison, j'ai réalisé à quel point Charlotte Rampling était merveilleusement belle autrefois, et quel courage il lui a fallu pour être filmée sans fard ni artifices.

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  9. nadie (nad.bourgeois@orange.fr)1 mars 2016 à 14:00

    j'ai beaucoup aimé ce film aussi et Charlotte Ramplng!!!! ah là là!!!
    la dernière minute du film m'a scotchée.
    sa tête quand elle lâche la main, quel moment fort.
    merci pour ce partage d'impressions et de sentiments.
    j'adore ces bavardages!!!!(et bavardages, n est pas péjoratif!)
    tes billets m'enchantent à chaque fois.
    douce nuit.

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