Les habits neufs de l'Empereur

En réfléchissant à la façon dont je pourrais vous souhaiter une bonne année, je me suis demandé ce que cette année m'avait apporté. De nouveau. Car c'est une des choses auxquelles je suis sans doute le plus sensible aujourd'hui : comment ne pas stagner dans ma vie, dans ma manière de penser, d'agir autour de moi, comment me débarrasser de mes vieux habits (au propre comme au figuré). J'adore ce titre du conte d'Andersen "Les habits neufs de l'Empereur". Il m'évoque le renouveau, tout  ce qu'on laisse derrière soi de veilles habitudes, de vielles ruminations, de vieilles sédimentations de soucis qui assombrissent nos vies. Alors voici un petit "digest" des personnes ou des choses qui m'ont fait du bien cette année, qui m'ont fait -j'espère- un peu évoluer vers plus de légèreté, de vie, de liberté.

Le Grand Cyrulnik



Je sais bien que vous ne m'avez pas attendue pour l'apprécier, mais il faut revoir l'émission "La grande librairie" où il est récemment venu présenter son dernier livre "La folle histoire des idées folles en psychiatrie". Et l'entendre dire avec le plus grand sérieux : "Hitler avait décrété qu'il y avait une race supérieure, celle des blonds aux yeux bleus. Je n'adhère pas du tout à cette théorie, car je pense que la race supérieure, ce sont les chauves." Avant d'ajouter avec un sourire malicieux : "Voilà, c'est ça la folie".

Son humanité, son humour, sa modestie, la façon dont il s'écarte de tous les sentiers battus, de toute forme de vanité,  ("Mes diplômes sont débiles", qui a le courage de dire ça??), dont il nous aide à être "tout simplement" plus heureux et un peu plus intelligents font de lui un vrai bienfaiteur de l'humanité, rien moins. Chacune de ses paroles nous fait avancer. Et puis avoir été le premier à parler de résilience, à dire que non, nous ne sommes pas condamnés à porter nos fardeaux toute notre vie, ce n'est tout de même pas rien.
Merci Monsieur Cyrulnik.


Jack London






Dans mon panthéon romanesque, j'ai deux héros depuis des décennies : Lawrence d'Arabie et Jack London. L'oeuvre de Jack London vient de paraitre dans la Pléiade, suprême consécration. Depuis que j'ai lu "Martin Eden" à l'age de 20 ans, je suis fascinée par l'histoire romanesque et tragique de cet homme qui évoque pour moi les vertiges de la liberté, du monde sauvage et des paradis perdus, mais aussi la compassion envers "Le Peuple d'en bas", titre d'un de ses premiers livres, les déchirements intérieurs, la quête de la connaissance. Réduit à tort à un écrivain pour la jeunesse, London fut un homme ambigu, viscéralement socialiste mais capable de déclarations racistes, qui disait de  lui "je n'ai pas cessé d'écrire des livres qui ont raté leur cible".

Je viens d'acheter un livre de lui dont je n'avais jamais entendu parler, "La petite dame dans la grande maison", publié en 1916, qui fit hurler au scandale l'Amérique bien -pensante, par son évocation d'un amour libéré des convenances (un ménage à trois), mais aussi (c'est ce que dit la quatrième de couve), "parce qu'entre les lignes, il s'agit d'un véritable manifeste du libre choix amoureux que la société si longtemps refusa à la femme. Un London étrangement féministe".




Sonia Rykiel


Je n'éprouve aucune fascination pour la mode, pour être même un peu directe, c'est un domaine dont je me contrefiche, avec -désolée pour les amoureux de la mer- le Vendée Globe, les voitures et le CAC 40, entre autres. 

Quand j'étais jeune, être élégante, c'était s'habiller comme sa mère. Au-delà, planait le redoutable risque de faire "mauvais genre", terreur de tous les parents "convenables".
Mais dans les années 70, les choses ont changé, et Sonia Rykiel (avec d'autres), y ont largement contribué. Je devinais chez elle un rapport nouveau à la féminité.  Elle a apporté sa pierre au vent de libération qui a soufflé sur la mode, sur les plages, sur les femmes en général. Les ourlets visibles, les pulls qui avaient l'air d'être portés à l'envers, ça n'a l'air de rien, mais dans l'univers guindé des femmes de cette époque, c'était une petite révolution, une forme d'insolence libératrice.
Je m'étais acheté une robe chez elle, et mon amoureux d'alors m'avait dit : "j'adore cette robe, elle est sexy sans en avoir l'air". C'était ça : "Sonia" nous a appris à être sexy sans en avoir l'air, au début du moins, puis plus ouvertement, et à l'assumer. Elle m'a appris que le vêtement pouvait avoir un rôle plus important que je ne l'avais imaginé, elle nous a appris la féminité sans mièvrerie, conquérante et douce à la fois. Et sa disparition a fait remonter tous ces souvenirs, avec un peu de nostalgie, avec la reconnaissance que l'on éprouve pour ces personnes que l'on ne connait pas, mais qui ont marqué, d'une manière ou d'un autre, un moment de votre vie.


Chögyam Trungpa



Son nom ne vous dit peut-être rien, mais son rôle a été considérable dans l'enseignement du Bouddhisme en Occident. Il fut l'un des premiers Maitres spirituels (dans les années 70)  à comprendre l'avenir qu'avait  le Bouddhisme à l'étranger, et à le présenter au public occidental.

Moine iconoclaste aux méthodes parfois controversées, ami des poètes de la Beat Generation, il fut un pont entre les deux cultures et s'opposa à une forme d'enseignement archaïque du Bouddhisme, ce qui lui valut beaucoup d'ennemis.
Je l'ai peu lu -je l'ai découvert récemment-, mais pratiquant la méditation de Pleine conscience depuis un bon moment, ses enseignements, bien qu'assez obscurs parfois, m'ont aidée à mieux en comprendre la complexité. Ils ouvrent un nouvelle voie à ceux qui s'intéressent à la spiritualité, à la fois respectueuse des enseignements traditionnels et en même temps accessibles aux occidentaux.

Je voudrais terminer par un livre de cuisine qui m'a été offert, le plus incroyable, le plus drôle, le plus complet et étonnant qu'il m'ait été donné de lire :
"On va déguster" de François -Régis Gaudry "et ses amis".


Et dédicacé s'il vous plait!!!




Émanation de l'émission éponyme de France-inter, ce livre est à la fois une encyclopédie, un inventaire à la Prévert de tout ce qui touche de près ou de loin à la gastronomie. Il est si riche, si drôle, si inattendu, que j'ai du mal à choisir les chapitres qui pourraient le présenter. On y trouve, pêle-mêle :
Des recettes tirées de la littérature,  (entre autres, la tarte amandine de Cyrano), du cinéma, (le fricandeau à l'oseille de Claude Chabrol), de véritables leçons sur les spaghettis, la paëlla ou la bouillabaisse, des "matches" (de clafoutis, de tartes au citron etc..), tout sur le jambon, des recettes de pâtisserie yankee ou de grands classiques vietnamiens, un étonnant chapitre intitulé "Quand manger tue", recensant des cas de morts par la nourriture, comment ciseler un oignon en 5 étapes etc...
Ce livre se lit comme un roman, répond à une multitude de questions que nous nous posons tous, je crois : quelles pommes de terre pour quel usage, comment ne pas rater un couscous, ou quels mélanges de saveurs combiner? Mais aussi à d'autres, plus étonnantes : un oeuf de mouette, ça a quel goût,  que collectionne un cassanuxiphile*, comment Escoffier a-t-il inventé la pêche Melba? Il contient des centaines de recettes, de faux-pas à éviter, d'anecdotes et de portraits. Il est quasiment devenu mon livre de chevet. C'est un vrai trésor qui va très au-delà du livre de cuisine.

"On va déguster"
François-Régis Gaudry et ses amis
Marabout - 35 €


Il me reste à vous souhaiter une merveilleuse année, pleine de surprises heureuses, de bonheurs inattendus, de moments parfaits. Une année de liberté, de légèreté, de découvertes de nouveaux territoires.

Happy new year to all my American friends and followers!!!!!

Je vous embrasse.

Posté le 1er janvier 2017 dans "J'ai vu, j'ai lu"

PS : * le cassanuxiphile collectionne les casse-noix...

NoËl / Dernière minute

Très jolie vente éphémère à l'Hôtel Gounod de St-Rémy de Provence : les choses avaient été bien faites, l'hôtel magnifiquement décoré et les exposants, (dans le jardin de cet ancien relais de poste) avaient tous des stands amoureusement mis en scène malgré le froid quasi-polaire.



Sur 1 air de brocante
Énormément de choses qui faisaient envie. J'ai craqué sur une planche à découper ronde, sans doute nordique, qui doit bien faire 50 cm de diamètre, l'objet idéal à ramener en TGV.





Ciergerie de l'Abbaye


Et les délices de la vénérable Maison Jouvaud, (pour celles qui connaissent).
Là aussi j'ai craqué.



Il y avait même encore des roses, délicates et courageuses...

Bref, j'étais là pour une signature de mon livre, mais comme j'ai déjà dû l'annoncer au moins trois fois, je ne vais pas y revenir, en plus, c'est fini. Non, en fait, ce dont je voulais vous parler, (vous allez voir la transition) ce sont des cadeaux de dernière minute, tellement de dernière minute qu'on a même plus de papier cadeau, ou alors on en a tellement assez, qu'emballer un cadeau de plus, c'est tout simplement impossible.
Le rapport -nous y sommes- c'est que j'hésitais à faire des paquets-cadeaux pour mon livre. Mais j'avais peur de ne pas avoir le temps, j'ai donc décidé de ne faire qu'un petit ruban/étiquette en papier peint et un oeillet,  j'aime bien faire ça.


Je me suis donc demandé s'il était vraiment nécessaire d'emballer TOUS nos cadeaux. Je sais bien qu'ouvrir un paquet, c'est une grande partie du plaisir de recevoir, (et  d'offrir), mais on peut aussi, dans certains cas, il me semble, zapper l'étape emballage.
Voici donc quelques idées/ersatz de paquets cadeaux, imaginées pour les paresseuses, les épuisées, les exaspérées par Noël (il y en a, j'en connais, et parfois, je les comprends), les je-n'ai-plus-1cm-de papier cadeau.




Pour les cadeaux qui ont du sens, les cadeaux-messages. Juste un joli ruban et un petit mot pour expliquer pourquoi ce cadeau là, précisément. 

"Oser l'émerveillement"
de Frédéric Lenoir et Leilli Anvar 
Livre... merveilleux que je viens de finir.


Si la boite est jolie, juste un ruban et un petit cadeau en plus, alors pas besoin de papier, ça suffit. (Ici, une broche à 4 € achetée chez H & M)



 Cadeau-blague, le ruban suffit..
(Mais Granola (ou biscuits, ou n'importe quoi) maison tout de même)





Cadeau contenant + contenu. Des petits fagots d'eucalyptus pour allumer le feu, dans un joli panier (impossible à emballer de toute façon).





Enfin, si vous êtes invité(e)s, pensez à une petite réalisation personnelle pour remercier vos hôtes, dans un cadre. On sait bien que les cadeaux du coeur n'ont pas de prix. Cette carte m'a été offerte par Béatrice, après l'atelier auquel elle a participé chez moi. je l'adore, je l'ai encadrée.


 Juste un très joli ruban, c'est parfait!

Cette fois c'est tout. Comme vous toutes, tant de choses m'attendent cette semaine que je ne pense pas avoir le temps de revenir.

Alors je vous souhaite un très, très, très, joyeux Noël. Avec une pensée affectueuse pour ceux et celles pour qui Noël n'a rien d'un moment heureux, qui sont seuls, qui sont tristes, parce que Noël, ne soyons pas naïfs, ça n'est pas toujours le moment radieux qu'on aimerait pour tout le monde. Je les embrasse, je vous embrasse.

Posté le 19 décembre 2016 sur "Noël"








Mon premier "Petit atelier"


Mardi, c'était le jour de mon premier  "Petit atelier" chez moi.

J'avais prévu que nous ne soyons pas plus de cinq, nous devions être quatre, mais une participante s'est décommandée pour cause de déplacement imprévu. J'ai donc donné rendez-vous à Béatrice, Jane et Julie Porte d'Orléans, aux aurores. J'étais très  touchée qu'elles acceptent de se lever si tôt pour participer à cet atelier, Jane venant en plus, spécialement, de la région de Strasbourg!!!

Direction Rungis, en pleine folie de sapins (des jolis, des Nordmann, des moins jolis, floqués turquoise), de fleurs (même si ce n'est pas la meilleure saison), et de feuillages magnifiques.




Pour être franche, je ne savais pas vraiment ce que j'allais choisir, j'étais un peu inquiète car assez déçue de ce que je voyais et sensée maitriser la situation... J'ai finalement acheté de l'eucalyptus dit "Populus", que j'aime beaucoup car il a de minuscules petites baies, du feuillage de mimosa, des anémones, des petites roses blanches en branches et des scabieuses rose pâle.

Passage ensuite chez un fournisseurs d'accessoires, quelques achats, et retour chez moi. 



Photo Julie Kikou

J'ai malheureusement raté toutes les photos qui pourraient restituer l'atmosphère de cette matinée, comme toujours, lorsque je suis occupée par ailleurs. Mais je crois que c'était gai et léger. Nous avons fait des bouquets (encore une fois, bravo à mes invitées qui ont réussi des bouquets magnifiques en un clin d'oeil).


Et puis nous avons préparé la table. J'ai tenté de donner des idées, des adresses, des trucs, j'ai ouvert mes placards.
J'ai refait certaines photos du décor après coup : 


 Les grandes assiettes sont de Marie Daâge, les roses de chez Merci.

Comme j'hésitais entre le gris et le rose, j'ai fait les deux versions




Et des petites boites pour un financier, ou des chocolats


Au menu : soupe de carottes/oignons au lait de coco avec (au dernier moment) une cuillérée de fromage blanc de brebis + une goutte de sirop d'érable. C'est étonnant, mais ça marche!!

Une tarte oignons/chèvre, avec une vraie pâte (recette de Rose Bakery), que j'ai enfin  -je crois- réussie comme eux:  une pâte brisée quasi-feuilletée.

Une salade de fenouil et carottes au citron vert et curry



Pour le dessert, un cake avec des poires caramélisées au sirop d'érable, (je suis dans ma phase sirop d'érable, j'en suis folle, ça va avec tant de choses...) et un glaçage au sucre Muscovado qui s'est répandu lamentablement de tous côtés, alors que j'étais supposée faire de très jolies décorations avec une poche à douilles. Michalak se moque de moi.
 Et des financiers

Et pour le café, des tasses de Marie Daâge dans un dégradé de verts très Noël.


N'ayant aucune idée pour les assiettes à pain, et dans un louable souci de ne pas utiliser uniquement des assiettes trop chères, j'ai retrouvé ces assiettes en verre assez bon marché  que l'on trouve un peu partout...


Et la veille, j'ai collé derrière du papier de soie blanc et or, avec de la colle repositionnable. 





j'ai "marouflé" façon papier peint, découpé tout autour de l'assiette et voilà!

 Le papier étant derrière, vous pouvez faire ça sur vos assiettes à dîner, à dessert, en jouant sur les différents papiers, il y en a de magnifiques. Et ça part très bien à l'eau chaude, en grattant un peu. 

Et si, pour le déjeuner du 25 décembre vous êtes ENCORE de service et que vous êtes prises d'une énorme fatigue rien qu'à l'idée de changer ENCORE de nappe, j'ai montré à mes invitées des sets de tables en papier que je trouvais plutôt jolis, et qui cacheront très bien les taches de la veille. (Trouvés chez Cultura).



 Dernière petite idée pour donner à une simple nappe blanche un petit côté princesse, vous pouvez coller dessus des petites étoiles auto-collantes, (celles-ci viennent de chez Loisir & Créations). Ça fait fête. Et abusez de l'asparagus - ça n'est pas très cher -  qui continue à être boudé car associé aux bouquets un peu ringards d'autrefois, mais qui, légèrement bombé en argent et juste posé sur la table devient très délicat, léger et vaporeux.


Il est toujours difficile de dire "c'était génial" lorsqu'il s'agit de quelque chose que vous avez organisé, qui se passe chez vous. Je peux juste dire - comme je l'ai dit sur Instagram - que j'ai eu davantage le sentiment de passer un moment avec des amies de longue date que celui d'animer un atelier. Nous avons parlé de nos vies, de nos goûts, de nos projets, de nos familles. Je crois que nous nous sommes bien amusées. Merci encore à mes invitées, j'espère sincèrement les revoir.

Un prochain atelier devrait avoir lieu fin janvier. Je vous tiendrai informé(e)s. 
Plusieurs personnes me l'ayant suggéré, si vous parvenez à rassembler 4/5 de vos amies, j'organise un atelier pour vous et je vous offre votre participation. Certains pourraient avoir lieu en province. A suivre...

Et comme je l'ai annoncé également sur IG, je serai à St-Rémy-de-Provence les 16 et 17 décembre pour une signature de mon livre, dans le cadre d'une vente à L'hôtel Gounod. Je serais ravie de vous rencontrer si vous passez par là.

Enfin, Sharon Santoni, du très beau blog "My French country home" a eu la gentillesse de m'interviewer pour savoir comment je préparais Noël. Si le fait que ce soit en anglais ne vous rebute pas, vous pouvez aller y faire un tour, c'est ici!!


Je vous souhaite une très bonne semaine et je vous embrasse.

Posté le 11 décembre 2016 sur "Mon travail"



Mes petits ateliers

A un ami qui me demandait un jour ce qui me rendait heureuse, j'ai répondu (entre autres), que j'adorais les journées où je préparais un billet pour mon blog. J'y consacre souvent une journée entière, j'aime être chez moi, je travaille sans stress, dans la plus grande liberté, sans contrainte d'aucune sorte, je mets de la musique et j'ai souvent le sentiment que les choses se font toutes seules.

Il m'a ensuite demandé, étant donné l'enthousiasme avec lequel j'en parlais, pourquoi je ne partageais pas cette expérience en proposant des ateliers. J'ai commencé par mettre en avant toutes les raisons que je trouvais pour ne PAS le faire : c'est trop petit chez moi, mon approche n'est pas très classique, je fais les choses à l'instinct, j'ai le sentiment d'un perpétuel "bidouillage"etc... Ce à quoi il a répondu que tous ces arguments étaient de très bonnes raisons pour le faire et pas pour ne PAS le faire. Que si c'était petit chez moi, les personnes qui y participeraient verraient ce qu'il est possible de faire dans un petit espace, que mon approche personnelle était plus un atout qu'un handicap, que ce qu'on fait à l'instinct, on peut très bien le transmettre et pour ce qui est des "bidouillages", mon expérience faisait qu'ils étaient assez aboutis pour figurer sur un blog ou dans des beaux magazines depuis vingt-cinq ans, et que je pouvais donc sans crainte les partager.

L'idée a fait son chemin, d'autant que plusieurs d'entre vous me l'avaient déjà demandé. J'ai donc décidé de me lancer et c'est avec beaucoup de plaisir que je vous propose des "Petits ateliers chez moi".

J'aimerais partager avec vous ce que vingt-cinq ans de collaboration avec des magazines de décoration, des clients ou des marques m'ont appris. Transmettre la façon dont j'essaie d'embellir le quotidien avec des choses simples, le fait de porter une attention particulière aux détails, aux apparentes "petites choses" qui n'en sont pas, et de le faire dans la légèreté. Ces ateliers seront consacrés à mon domaine de prédilection, "Recevoir", c'est à dire à la mise en scène de tables, aux fleurs, à la cuisine.



Il ne s'agit pas à proprement parler de cours de cuisine, ni d'art floral, ni de "coaching" déco, le seul mot me fait fuir. Je n'ai pas la légitimité pour ça. Il s'agit d'un peu de tout ça, et plutôt que de donner un cours, j'aimerais partager dans ces moments avec vous mon regard sur les choses - de la maison, de la vie - faire ce que je fais depuis des années pour des magazines, pour mon blog ou pour mes amis, mais le faire avec vous.







Et vous permettre de réaliser la même chose chez vous, vous aider dans votre propre créativité.

J'aimerais surtout que ces moments correspondent à l'esprit de mon blog, à mon goût pour les échanges humains, la "Slow life", la douceur de vivre à travers l'esthétique du quotidien, qu'ils soient des moments suspendus dans nos vies où l'on s'accorde trop peu de temps pour faire ce que nous aimons, sans chercher à être efficaces, ou rentables, ou à "mieux faire".

Comme je le fais lorsque je travaille, et afin de proposer plusieurs ambiances, j'enrichirai les décors par quelques éléments empruntés dans des boutiques, (Merci, Marie Dâage, et selon les thèmes, quelques autres) qui ont accepté de me suivre dans ce projet.

Ces "moments chez moi" commenceront par une visite à Rungis afin de vous faire découvrir cet endroit que vous êtes nombreuses à souhaiter visiter, et aussi me permettre d'acheter les fleurs nécessaires aux décors.

   

Ces matinées se dérouleront de la façon suivante :

Rendez-vous (aux aurores, pas le choix pour acheter à Rungis!!!), Porte d'Orléans, à 6H45. Je vous y prends avec un "chauffeur". Nous passerons environ une heure 1/2 à Rungis pour choisir les fleurs en fonction du décor choisi (en l'occurrence un décor de Noël, qui approche). Si vous souhaitez acheter des fleurs pour votre usage personnel, c'est également possible. Si vous le souhaitez, nous pourrons faire un bref passage chez un fournisseur qui propose des accessoires pour les fleuristes, mais aussi une foule d'éléments de décoration pour la maison, et où, avec un peu de discernement, on peut trouver énormément de choses intéressantes et abordables. En particulier des décorations de Noël, puisque ce sera la période. Rungis est une mine dans ce domaine.

Nous quitterons Rungis en repassant par la Porte d'Orléans, si certaines d'entre vous  ont leur voiture à récupérer. Vous pouvez aussi rentrer avec moi.
Vers 9H/9H30 retour chez moi. J'habite dans l'Essonne, à trente-cinq km de la Porte d'Orléans, à la campagne, dans un petit château divisé en copropriété :



Nous réaliserons des bouquets, (chacune le sien), puis nous installerons ensemble le décor de la table, comme je le fais lorsque je travaille : je prévois l'essentiel mais j'ajoute toujours des détails de dernière minute, en fouillant dans mes placards à la recherche de la petite - chose- manquante - qui - change - tout.

Vous pourrez évidemment prendre des photos si vous le souhaitez, pour votre blog, votre Instagram, je vous donnerai quelques "trucs" de styliste sur le cadre, l'ambiance d'une photo (rien sur l'aspect purement technique!!).

Nous terminerons par un brunch autour de ce que j'aurai préparé. Là encore, ce sera ce que sont mes billets sur le sujet : des choses simples que j'essaie d'améliorer avec des petits raffinements, des idées piquées ça et là.






Photo Jean-Baptiste Pellerin

L'atelier se terminera vers 11H30/midi. Pour celles qui ne seront pas en voiture, quelqu'un vous ramènera à la gare de RER la plus proche de chez moi (5 mn). Vous êtes à 45 minutes de la station Saint-Michel/Notre Dame (RER C). Je vous donnerai tous les détails au moment de votre inscription.

Vous repartirez bien sûr avec votre bouquet, du gâteau (s'il en reste...), et des branches du jardin.

Dans la mesure où, comme je l'ai précisé au début de ce billet, mon appartement est petit, ces ateliers seront limités à 5 personnes. J'ai choisi de les faire les mardis et jeudis, car ce sont les meilleurs jours pour se rendre à Rungis.

Le premier atelier aura lieu le mardi 6 décembre 2016, un deuxième le mardi 20 décembre 2016.

Tarif de l'atelier: 200 €

Si vous êtes intéressé(es), je vous invite à me contacter sur la boite mail de ce blog (en haut, à droite, rubrique "Si vous voulez m'écrire").

J'espère à bientôt chez moi, pour qu'on puisse s'amuser ensemble!!!!


Je serai absente du 9 au 13 novembre. Je reprendrai contact avec vous à ce moment là.




Posté le 4 novembre 2016 dans "Mon travail"



Ce jour là...

... Il pleuvait, j'avais mal aux dents et je pensais qu'un   problème sur ma voiture allait me coûter un bras. Et pourtant, c'était pour moi un de ces jours où l'on se sent léger, heureux, où l'on est en paix avec le monde. On dit que tout est question du regard que l'on porte sur les choses, et ce jour là j'ai pu vérifier que c'était vrai.

Je me suis demandé pourquoi tout allait si bien "dans ma tête", et puis j'ai cessé de me le demander. C'était comme ça. Et ça m'a fait penser à tout ce qui est joli dans nos vies, à la beauté des choses, à celles qui rendent heureux et j'ai écrit d'une traite ce billet sur ce qui me fait du bien . Après coup je me suis demandé si ça intéresse vraiment les autres de savoir ce qui me fait du bien... Je me dis que j'expose ma vie, que je deviens la Kim Kardashian des petits bonheurs, (les followers et les diamants en moins) et puis il y eu cette musique sur Radio classique, qui donne envie de danser,  et  - me suis-je dit - je crois que nous sommes beaucoup à ressentir les mêmes choses devant les mêmes choses, alors j'ai décidé de publier cette liste, non exhaustive, de tout ce qui m'allège le coeur, et, j'espère, le votre également.



La beauté des choses, simples ou pas, d'un tableau, d'un paysage, d'un arbre.

John Sargent - "Carnation, Lily, Lily, Rose" - 1885

L'innocence des très petits enfants qui ne font pas encore la différence entre l'imaginaire et la réalité.


Ou qui courent après les papillons en pensant qu'ils peuvent les attraper.


Les fleurs, les fleurs, les fleurs, nobles ou pas, les -toutes- petites merveilles de la nature : 



La présence chaleureuse des vrais amis, qui sont là quand vous allez mal et - cela m'a toujours semblé plus convaincant encore - quand vous allez bien et qu'ils se réjouissent sincèrement pour vous, sans envie, sans arrière-pensées.

Celle des voisins qui passent vous dire bonjour avec un reste de gâteau, en s'excusant que ce ne soit "que le reste" ou des fleurs du jardin.

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Les grasses matinées, sans aucune espèce de culpabilité.
AU-CUNE.


 Les petits "extras", les petits luxes, les cadeaux que l'on se -vous- fait.


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Le matin, quand vous avez assez bien dormi pour apprécier le soleil qui se lève et vous dire que la journée va être belle.


les premiers feux de bois qui réchauffent l'hiver qu'on n'a pas toujours envie de voir arriver, les premiers bourgeons, les premières cerises, la soupe. Oui, la soupe.



Mon garagiste qui, au lieu de m'arnaquer - ce qui serait assez facile vu mes compétences en matière de mécanique - se met en quatre pour trouver des solutions pas trop chères, des pièces de récup "qui iront très bien, ne vous inquiétez pas".


La musique qui pousse au rêve, la belle littérature qui nous aide à vivre, les personnes qui rendent le monde un peu plus habitable, qui refusent l'enfermement, la fatalité, les idées toutes faites.

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 Photo Fred Kihn/Libération

Bertrand Piccard, psychiatre, hypnothérapeute, créateur de l'avion Solar Impulse. Pour moi, la synthèse parfaite entre le rêve et la réalisation des rêves. L'intelligence absolue. Je l'adore- il ne le sait pas- je paierais cher pour le rencontrer.

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Jordi Savall. Lui aussi je l'adore, (on doit être quelques-unes), lui non plus ne le sait pas, lui aussi, je paierais cher etc...  A chaque fois que je l'écoute ou que je lis une interview de lui, je me demande comment il est possible qu'un être humain puisse concentrer autant de savoir, de sensibilité artistique, d'intelligence et d'humanité alors que d'autres font sauter le Bataclan. 

Les gens qui savent vous écouter, qui respectent votre silence, qui ne jugent pas en permanence, qui vous disent "ça va s'arranger", ou "tu en es capable", qui ne vous assènent pas, quand vous leur parlez d'une idée "ça ne va pas marcher".

Et aussi vos messages, votre bienveillance, votre fidélité, tout ce qui ne passe pas forcément par l'argent, par la négociation. Qui passe par la douceur, l'ouverture, la tendresse.


Merci à vous tous, toutes.

Publié le 29 octobre 2016 sur "Les pensées vagabondes"