Fleurs & vases, plan B

Un jour du printemps dernier, j'ai eu soudainement envie de fleurs, comme cela m'arrive souvent. Mais rien sous la main, pas le courage d'aller jusqu'à Paris (c'est à 30km), rien de vraiment tentant dans le coin, et puis j'en ai assez de mes vases, toujours les mêmes, pour toujours les mêmes résultats, version florale de "je n'ai plus rien à me mettre" .

Je suis donc allée voir dehors ce que la nature en pleine explosion printanière pouvait m'offrir. Je suis revenue avec des brassées de fleurs de carottes et de seringas, une de mes fleurs sauvages préférées. Et pour ce qui est des vases, ne trouvant décidément rien qui me plaise, j'ai eu l'idée de les mettre dans un sac en papier que j'ai rapporté de Copenhague (qui avait emballé des achats faits à la maison d'Andersen), et que j'avais eu envie de garder : 




(Dedans, comme pour toutes les photos de ce billet, les fleurs trempent bien évidemment dans des pots, ou dans des fonds de bouteilles en plastique coupées en deux.)

Ne jamais oublier d'utiliser les petits "restes", les petites fleurs qu'on a coupées. J'aime bien les mettre dans un joli contenant, quelquefois dans plusieurs, sur une table basse, ou même en centre de table.



Il y a quelques jours, j'ai eu envie de reprendre cette idée pour en faire un billet, en n'utilisant QUE ce que je trouvais dans mon jardin ou chez moi , sans RIEN acheter. Nouvelle exploration de la nature pour en rapporter ses trésors, déjà presque ceux de l'automne ...



... et de mes placards pour trouver tout ce qui me semblait pouvoir contenir des 
fleurs : 



Des boites, des contenants vides de bougies parfumées, du papier peint pour cacher ce qui doit l'être, et même une petite boule japonaise en papier blanc à qui je confie depuis des années tous les rôles possibles et imaginables.

Version vases-petites-boites, parfaites pour les restes de bouquets : 


(Celle-ci a été faite cet été avec - une des deux seules triches du billet- une pivoine de fleuriste qui restait d'un somptueux bouquet-cadeau.)

ou version grande boite, genre boite à chaussures. J'adore celle-ci, c'est comme une jardinière, on peut aussi dessiner des motifs sur la boite, y coller un monogramme pour lui donner des lettres de noblesse, ça ne coute rien, bref, ça n'a que des 
avantages : 



Version recyclage, avec contenants de bougies,


ou version japonisante. Il faut des fleurs très légères, mais j'ai quand même dû fixer la structure en fer sur la table avec du (gros) scotch : 


Version cache-misère, des fonds de bouteilles en plastique cachées par des bandes de papiers peints : 

photo réalisée au printemps par Corinne Jamet, avec -triche numéro 2- des pivoines achetées à Rungis.

Et puis on n'y pense jamais, mais pourquoi limiter les couronnes à Noël? On peut les utiliser en centres de tables, ou comme un bouquet, posées sur la table du salon. Sur une grande table, on peut en choisir une de très grand diamètre, je l'ai fait une fois pour un mariage, piquée de pivoines blanches, en mettant au centre une multitude de bougies, c'était très spectaculaire. 

(Celle-ci est en mousse Oasis, je l'ai achetée il y a très longtemps, je ne sais plus où... Mais vous pouvez en trouver sur internet, entre autres sur http://www.artfloral.org/produits/couronne-mousse-oasis-30-cm/. L'équivalent de celle-ci (diamètre extérieur, 25cm, et non pas 30, comme sur l'annonce) coûte 5, 95€.




Et voilà! je vous souhaite une très bonne semaine.
A très vite.


The end


 Posté le 18 septembre 2016 sur "Fleurs..."
















En silence

J'espère que vous avez passé un bel été et que vous allez tous/toutes très bien.

j'ai été extrêmement touchée par les messages que j'ai reçus me demandant de mes nouvelles,  certaines d'entre vous m'ont dit attendre un nouveau billet. Mille mercis de ces attentions qui me touchent toujours autant.

J'avoue que j'ai eu un peu de mal à revenir ici. D'une part à cause d'une opération du pied qui a un peu perturbé mon été, mais surtout à cause  d'un besoin de laisser couler le temps, sans le remplir, sans courir après les idées, un besoin de silence.

Trois jours à sillonner les Cévennes ont marqué mon été, et j'ai été impressionnée, au sens photographique du terme par la beauté sauvage des paysages, l'isolement des villages, et le fait que même en plein mois d'aout, on peut encore se retrouver seuls, sur une route ou dans les ruelles d'un minuscule hameau perché.

Cela devait correspondre à mon état d'esprit.  J'ai toujours été fascinée par les lieux isolés, les paysages de bout du monde, les histoires d'ermites. Je ne tiendrais pas trois jours seule dans le désert, mais quand même, ça m'intrigue, ces cheminements intérieurs que ça suppose...

Un village en particulier m'a touchée. Il s'appelle Castelbouc, il se trouve quelque part dans les gorges du Tarn.  De la route, j'ai d'abord remarqué la ruine de ce qui devait être un château fort et qui s'élève de la montagne, lorsqu'on ne sait plus où finit la roche et ou commence le château :



Et puis en bas, le village, au bord du Tarn : 

Photo ecranplus net 

Les premières traces que l'on a de ce château remontent au XIIème siècle, et je me demande toujours comment était la vie dans ce genre de château, à cette époque, au fin fond des Cévennes. Comment les gens vivaient, comment ils percevaient le monde au milieu de ce désert, dans la sauvagerie de cette époque. Je pense à leur isolement, surtout celui des femmes. Les hommes avaient "la chance" de partir faire la guerre, de massacrer les infidèles aux croisades et ça les occupait. Mais les femmes? Confinées, cloitrées, perdues dans cette nature et ce silence, comment vivaient-elles et comment ne pas devenir folles?

Enfin, pour ce qui est de Castelbouc précisément, la légende raconte que tous les hommes seraient partis à la croisade sauf le seigneur du château, lequel "honorait" toutes les femmes du village et qu'il en serait mort d'épuisement. On raconte aussi que le soir venu, son fantôme en forme de bouc venait survoler le château, donnant son nom au lieu... 
Je n'arrive pas à savoir s'il faut le considérer comme un planqué ou comme un héros, j'espère seulement que les femmes se sentaient moins seules.
Et d'ailleurs, je me demande également- interrogation mêlée de fascination-  ce que c'est que de vivre AUJOURD'HUI dans un village comme celui-ci.







où quelqu'un entretient amoureusement un des plus beaux potagers que j'ai vus de ma vie...


 Et puis le monument aux morts. J'ignore combien d'habitants vivaient à Castelbouc au moment de la guerre de 14 -  je n'ai pas réussi à en obtenir le nombre aujourd'hui- mais neuf garçons tués, ce devait être énorme au vu de la population et toucher toutes les familles. Neuf jeunes gens partis un matin, rompant sans doute pour la première fois avec la solitude de leur village des Cévennes pour ne plus jamais revenir.




Certains reposent peut-être là, dans ce cimetière minuscule et paisible, lieu de silence entre tous, face à la montagne.





Et pour enchainer sur un propos plus léger - ce blog étant avant tout un blog de déco- je me suis demandé s'il existait une "décoration du silence".  Sans parler des monastères ou des jardins Zen, puisque leur nature même implique le silence, je crois qu'il y a des intérieurs, des lieux, qu'on n'imagine pas saturés de bruits :











"Iced-coffe shop, structure provisoire réalisée par l'architecte japonais Go HASEGAWA dans le cadre de l'exposition House Vision Tokyo 2016.
(Merci à Lyne-Anke du blog "Sous un cerisier" qui m'a fait connaitre son travail).

Et puis il y a des tableaux du silence. Mon préféré, et le plus évocateur étant
celui-ci : on y entend le silence.



"La pie" Claude Monet, 1868

Enfin, dans une société saturée de bruits, d'hyper communication et de paroles inutiles où même les mots sur les murs font du bruit (après les affiches "Mozart, l'opéra  rock", on nous annonce, ô joie!  "Le Rouge et le Noir, l'opéra rock"...), on peut saluer l'initiative de Télérama qui au mois d'août, a publié un numéro sur le thème du silence.

J'y ai -entre autres- lu un passionnant article sur un "bioacousticien", Gordon Hempton, qui traque les ultimes zones de tranquillité absolue de la planète. Critère retenu : les sites terrestres vierges de tout bruit humain pendant quinze minutes d'affilée. On se dit qu'il doit tout de même en rester beaucoup, erreur! A ce jour, il n'en a répertorié qu'une cinquantaine (même les endroits apparemment perdus ne sont pas épargnés par le passage des avions).  A travers sa fondation, "One square inch of silence" il tente de protéger et de sanctuariser les derniers paradis perdus du silence sur la terre.

Pour terminer, je vous signale également ce livre de Marc de Smedt "Éloge du silence" que j'ai lu cet été et  qui explore les infinies nuances du ou des silences.



 Je vous souhaite une très bonne semaine, de beaux moments de silence harmonieux et je vous embrasse. A très bientôt.

Posté le dimanche 11 septembre sur "Les pensées vagabondes"





Que faire avec des pivoines?

Je sais bien qu'il est un peu tard pour poster un billet sur les pivoines, alors que la saison est terminée... Mais une petite intervention chirurgicale au pied et quelques urgences m'ont tenue éloignée de la vraie vie pendant un temps.

Quoi qu'il en soit, je poste tout de même ce dernier billet avant l'été. Les photos, (sauf mentions) ont été prises par une jeune photographe talentueuse, Corinne Jamet. Nous souhaitions travailler ensemble depuis longtemps, sans jamais trouver le temps. Nous avons finalement trouvé une date et décidé de passer une journée ensemble à photographier ces fleurs que nous adorons toutes les deux. 

Voici : 

Retour de Rungis, où il m'a fallu plus d'une heure pour choisir les pivoines. Entre les roses, les pâles, les blanches, les rouges, les petites, les grosses...



 De retour chez moi... J'adore ce moment.

 Photo MP Faure

 Classique bouquet rond, les pivoines sont mélangées à des pois de senteurs, également dans le top 3 de mes fleurs préférées, et à des hortensias. J'aime bien faire "partir" les fleurs sur les côtés. C'est pourquoi je choisis toujours au moins une ou deux sortes de fleurs à tiges souples ( ici les pois de senteurs). Les pivoines peuvent vite donner un côté raide aux bouquets.


Photo MP Faure
 Et pour les mêmes raisons, j'ai mélangé des fleurs du jardin à celui-ci. J'avais essayé les pivoines seules, mais elles étaient énormes, j'ai préféré alléger l'ensemble avec des fleurs un peu plus sauvages, un peu "brouillard". Après coup, je me dis que je les ai mal réparties, elles sont toutes au milieu. L'ensemble aurait été plus joli, plus léger,  si j'avais piqué les branches de façon plus équilibrée. Peut mieux faire.

Photo JB Pellerin

Et puis il y a les toutes blanches, immaculées, virginales, auxquelles j'ai juste ajouté une botte de petites roses blanches . Le blanc, comme toujours, se suffit à lui-même.

Les photos suivantes sont de Corinne Jamet.

Et les rouges grenat.. J'en achète plus rarement, mais celles-ci étaient d'un rouge si dense, si profond que je n'ai pas résisté. Et leurs pétales sont tellement lisses qu'on dirait du cuir. J'ai ajouté des fleurs de carottes sauvages, Daucus carota de leur nom savant, mais rouges aussi, je n'en avais jamais vu de semblables. J'adore ces fleurs, elles sont géniales pour donner du charme aux bouquets et cacher les tiges, les trous, les erreurs.

J'ai demandé à Corinne de faire une ambiance plus sombre, plus "grenier",  à laquelle nous ne sommes habituées ni l'une ni l'autre...




et voilà!!

  Et toujours le charme des fleurs tombées là par hasard...

















Mille mercis à Corinne pour sa disponibilité, sa patience et son amour du travail bien fait.

...Et aussi pour les éclairs à tomber (ici, fraises des bois) qu'elle a si gentiment apportés pour le déjeuner!!

Je vous souhaite un merveilleux été, plein de soleil, et de moments heureux. Je sais qu'il a déjà commencé pour beaucoup d'entre vous, je vois passer des photos de mer, de petits ports bretons ou de bout du monde, de lavande, d'enfants joyeux jouant dans les vagues.

Et je vous remercie encore de tous vos messages incroyablement gentils et bienveillants, merci de prendre le temps de vous arrêter ici.

A très vite, je vous embrasse.

Posté le 21 juillet 2016 dans "Fleurs..."

Country house magazine


Country House magazine, un très joli magazine anglais en ligne, très  "French brocante", shabby chic, élégant et romantique (vous pouvez télécharger l'appli sur Apple store et aussi sur Zinio.com), m'a contactée pour faire un article sur mon livre. Petit moment de vanité (désolée pour celles qui ont déjà lu mon livre), je vous livre l'article en question :

J'ai même eu les honneurs de leur couverture : 












Ils m'ont également demandé mes "10 conseils favoris pour recevoir"
Là aussi, certains sont dans mon livre, pardon pour la redif. Je traduis :


1 - Je ne prévois qu'un seul plat à préparer le jour même. Je fais tout le reste la veille, de façon à n'avoir qu'à réchauffer au dernier moment. Je n'ai aucune envie de passer des heures dans la cuisine, c'est pénible pour les invités et pour moi.

2 - La veille, je mets la table, ou je prépare tout ce dont je vais avoir besoin : la vaisselle, l'argenterie, je repasse éventuellement la nappe. Je ne veux pas non plus passer des heures à chercher partout LE plat que j'utilise une fois par an et il m'arrive de retrouver quelque chose que j'avais oublié et que je suis ravie d'utiliser!!

3 - Je range la cuisine A FOND. C'est une chose qui m'a vraiment changé la vie. Elle sera très vite en désordre avec les assiettes et les plats utilisés, donc je fais de la place. Et je vide le lave-vaisselle et la poubelle.

4 - J'utilise beaucoup de bougies et de guirlandes lumineuses. Pas seulement sur la table, mais partout dans la maison, pour donner une lumière intime et chaleureuse. J'ai peu freiné sur les bougies parfumées depuis que j'ai lu que beaucoup étaient toxiques. Juste une éventuellement dans les toilettes ou la salle de bain. À la place, pour chasser les odeurs de cuisine, je fais bouillir de l'eau avec quelques gouttes d'essence de lavande, ou de la verveine, ou de la citronnelle. L'odeur se répand délicieusement dans la maison.

5 - Je sers un premier plat avec l'apéro, qui sert de hors-d'oeuvre. Je trouve qu'un dîner avec apéro + hors d'oeuvre + plat + dessert (voire fromage), c'est trop long. Et ça permet à certains d'arriver un peu en retard : des petites focaccia revues home-made, une soupe froide, des mini-galettes de céréales/légumes, tout ce qu'on peut manger avec ses doigts ou des petites piques.

6 - Afin d'éviter de demander dix fois de suite aux invités de passer le sel, j'en mets deux ou trois sortes dans des petits coquillages devant chaque assiette. Ou des graines, de sésame ou autres selon le menu.

7- Bien que j'adore les fleurs, je ne mets pas de trop gros bouquets sur la table, ça prend trop de place et on ne sais plus où mettre les plats. j'en mets partout ailleurs dans la maison, et je place juste des petits bouquets sur la table. Ou alors en bout de table, si la place est libre.

8 - Quand je suis à cours d'idées, j'utilise des chutes de papier peint pour faire des sets de table. Ils sont tellement beaux qu'ils sont en soi de vrais décors.

9 - Je répartis le plat principal dans deux ou trois plats, selon le nombre d'invités. La plupart des gens étant bien élevée, cela évite au premier servi de manger systématiquement froid en attendant que le plat arrive jusqu'au dernier invité.

10 - Comme je suis fan de desserts, je sers très peu de fromage. J'en choisis un seul ou alors une sélection de petits chèvres, mais avec plusieurs sortes de pains, de crackers etc... Et je fais deux desserts : un "riche" à base de chocolat, ou de caramel/beurre salé, et un autre plus light avec des fruits, ou des sorbets.

Pardon pour les deux derniers, je vous ai fait le coup plusieurs fois déjà, mais ils n'ont pas encore atteint l'Angleterre : 

11 - Pour les repas dans le jardin, je mélange la "belle" vaisselle et la jetable. On en trouve de géniales aujourd'hui.

12 - j'adore les paniers vapeurs/chinois que je peint en toutes les couleurs pour faire des corbeilles, à pain, à fruits, pour offrir des chocolats aux invités.



The end



Dîner at Downton Abbey.

Posté le 8 juillet 2016 dans "Mon travail"